En tant qu’associations représentant ceux et celles qui offrent les soins à domicile et en communauté, nous sommes unis autour d’un même objectif : celui d’appuyer des soins de haute qualité pour les Canadiennes et Canadiens. Cela signifie que nous soutenons non seulement nos membres, mais également les patient.e.s, familles, soignant.e.s et travailleur.euse.s primaires qui dépendent du système et qui le soutiennent au quotidien.
Actuellement, ce système est sous une pression croissante – pression que subit également la main d’œuvre qui le rend possible.
Un système sous pression
La demande pour les soins à domicile et en communauté augmente rapidement. Les Canadien.ne.s vivent plus longtemps, plus de personnes veulent vieillir en sécurité à domicile et les hôpitaux et systèmes de soins de longue durée sont déjà saturés.
Les soins à domicile et en communauté sont une pierre angulaire du système de santé, aidant à réduire la pression systémique en permettant aux individus de rester à domicile, en préservant leur indépendance et en évitant des visites hospitalières ou des placements précoces en soins de longue durée.
Mais ces soins dépendent entièrement d’une main d’œuvre stable et soutenue.
Sur la prochaine décennie, le secteur aura besoin d’une hausse importante en effectif – surtout pour les Fournisseur.euse.s de soins personnels (FSPs) et les aides-soignant.e.s. En Ontario, il y aura un besoin de plus de 50,000 FSPs supplémentaires en 2032. Sur le plan national, les prévisions professionnelles indiquent un risque probable de pénurie dès 2033.
En même temps, cette main d’œuvre devient de moins en moins stable.
Le rôle des Travailleur.se.s étranger.ère.s temporaires
Les soins à domicile et en communauté dépendent de plus en plus sur des travailleur.euse.s formé.e.s à l’étranger pour combler la demande. Les Travailleurs étrangers temporaires (TETs) aident à réduire ces écarts dans les postes que ne remplit pas l’effectif domestique.
Les FSPs et les aides-soignant.e.s offrent des soins essentiels et primaires – soutenant des individus avec leurs besoins quotidiens tels que l’hygiène, la mobilité, les repas et les médicaments. Ces services ne sont pas facultatifs. Ils sont des fondamentaux de la santé, de la sécurité et de la dignité des personnes.
Pourtant, le recrutement domestique seul ne pourra pas répondre à la demande, ni actuelle ni future. Les caractéristiques de ce travail – l’effort physique, l’intensité émotionnelle, la solitude et le manque de reconnaissance malgré l’importance de la tâche – signifient que de nombreux parcours de main d’œuvre sont nécessaires. Simplement, une stratégie robuste et adéquate doit comprendre le recrutement domestique et le talent international.
Les changements politiques créent un risque immédiat
Des changements récents venant de Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) amèneront une réduction importante du nombre de résident.e.s temporaires, incluant déjà une réduction prévue de 43% des nouveaux arrivants en 2026.
Au même moment, de nombreux et nombreuses soignant.e.s risquent de se voir refuser leurs extensions de permis de travail et leurs visas de résidence permanente.
Pour notre secteur, ceci n’est pas un problème lointain – c’est l’actualité.
Les travailleur.euse.s qui fournissent actuellement les soins sont forcé.e.s de quitter le pays à des dates fixes. Cela a comme résultat la perte immédiate de capacité de main d’œuvre et d’heures de soins, avec aucun recours pour les remplacer rapidement par le recrutement domestique.
Les conséquences sont importantes.
Un sondage des plus grands prestataires de soins en Ontario a trouvé que : plus de 9,500 TETs pourraient être perdus ; jusqu’à 14 millions de visites de soins à domicile sont à risque ; et entre 50,000 et 70,000 patient.e.s sont susceptibles d’être touché.e.s directement.
Et ceci ne représente qu’une portion du portrait national.
L’impact sur les Canadien.ne.s
Face au déclin de la capacité de la main d’œuvre des soins, les impacts se font ressentir à travers l’entièreté du système.
Les patient.e.s perdront l’accès aux soutiens quotidiens essentiels, augmentant le risque de chute, de malnutrition, d’infection et de solitude.
Les familles et les soignant.e.s doivent prendre la relève, ce qui réduit souvent leurs heures de travail ou mène à la perte de leur emploi, qui précèdent l’anxiété financière et la fatigue professionnelle.
Les soignant.e.s primaires sont surchargé.e.s, ce qui contribue à de l’anxiété, de la fatigue et du roulement.
Au niveau systémique, les conséquences sont nettes : une augmentation des visites à l’urgence ; plus d’admission hospitalières ; un délai de décharge ; et une plus grande demande pour les soins de longue durée.
Les soins à domicile sont une des composantes les plus rentables du système de santé. Quand ils sont affaiblis, la pression est détournée vers les environnements plus coûteux et plus spécialisés – exacerbant les dépenses du système pour une efficacité inférieure.
Notre engagement en tant que leaders du secteur
Nous sommes profondément dévoué.e.s à la durabilité de cette main d’œuvre et à la stabilité des soins à travers le Canada. Le soutien adéquat de la main d’œuvre des soins à domicile et en communauté est essentiel – non seulement pour ce secteur, mais pour le système en entier.
Aller de l’avant
Nous croyons que le gouvernement fédéral peut implémenter des étapes pratiques et immédiates afin de stabiliser la main d’œuvre et de réduire le risque aux soins.
Celles-ci comprennent :
- D’offrir l’extension des permis de travail pour les TETs offrant actuellement des soins à domicile et en communauté
- D’assurer que les parcours d’immigration restent accessibles pour les postes cruciaux tels que les FSPs et les aides-soignant.e.s
- De réintroduire des parcours de résidence permanente dédiés au travailleur.euse.s de soins à domicile et en communauté
- D’amender la CNP 44101 afin de changer la catégorie du travail des FSP/aides-soignant.e.s – sans distinction d’environnement (domicile, soins de longue durée, hôpital) – au FEER 3
- Donner la priorité pour la résidence permanente aux travailleurs en soins à domicile et en communauté sous la nouvelle initiative ponctuelle pour accorder la résidence permanente à 33000 travailleur temporaires étrangers en secteur à forte demande.
- Désigner explicitement les soins à domicile et en communauté comme étant un secteur protégé à l’intérieur du programme des Travailleurs étrangers temporaires.
Ces actions aideraient à assurer la continuité des soins pendant que les stratégies à long terme sur la main d’œuvre évoluent.
L’Association canadienne des soins et services à domicile a sorti un bulletin politique détaillé qui examine cette problématique en profondeur, propose des solutions réfléchies et pratiques que le gouvernement fédéral pourrait acter afin de mitiger le risque pour la main d’œuvre. Ces mesures sont conçues pour aider la croissance de la capacité du secteur – plutôt que d’accélérer son déclin – pour que les Canadien.ne.s puissent accéder aux soins dont iels ont besoin et pour que les travailleur.euse.s aient le droit de rester dans les postes pour lesquels iels se sont formé.e.s et dévoué.e.s.
Nous avons également lancé une campagne par la poste, fournissant à nos membres, aux prestataires de services, aux familles, aux soignant.e.s et aux fournisseur.euse.s de soins un modèle facile et complet qui, malléable, pourra être partagé ou augmenté avec leurs perspectives avant de contacter leur député.e.s, ministres et autre parties prenantes pour plaidoyer pour l’action sur cette problématique cruciale.
Conclusion
Sans action de notre part, les conséquences sont claires : moins d’effectifs disponibles pour offrir les soins ; des dizaines de milliers de Canadien.ne.s à risque de perdre leur soutien ; un engorgement des hôpitaux et des soins de longue durée ; et un coût économique et social.
En tant qu’associations qui représentons ce secteur, nous continuerons à travailler pour assurer la continuité des soins pour les Canadien.ne.s et pour que la main d’œuvre soit adéquatement soutenue – pour que les patient.e.s et les soignant.e.s accèdent aux soins dont iels ont besoin, à l’endroit et aux moment où iels en ont besoin, avec un prestataire adéquat, et dans l’environnement de leur choix.