Dans huit provinces, plus de 1 100 personnes ont généré plus de 10 000 lettres à l’intention des décideurs fédéraux dans le cadre de la campagne de l’ACSSD visant à Renforcer la capacité de la main-d’œuvre.
La campagne demande au gouvernement fédéral de s’attaquer aux retards en matière d’immigration et aux lacunes des politiques qui menacent la stabilité de la main-d’œuvre et la continuité des soins.
Le Canada doit également combiner la réforme de l’immigration à des efforts soutenus de recrutement, de rétention et de formation au pays. Renforcer et maintenir les capacités en matière de soins et services à domicile et dans la communauté nécessitera une stratégie de main-d’œuvre à long terme qui mobilise tous les leviers disponibles. Entre-temps, nous ne pouvons pas déstabiliser le système de soins et services à domicile et dans la communauté en réduisant considérablement la main-d’œuvre actuelle.
Parmi les données mises en évidence dans le cadre de la campagne, près de 30 % des travailleurs de la santé interrogés ont indiqué que leur visa devait expirer — alors même que les organisations de soins et services à domicile et dans la communauté peinent à recruter et à retenir les professionnels de la santé nécessaires pour répondre à une demande croissante.
Partout au Canada, les personnes qui soutiennent la campagne ont transformé ces données en une mobilisation nationale. Leur réponse témoigne d’une préoccupation commune : la stabilité de la main-d’œuvre dans le secteur des soins et services à domicile et dans la communauté est importante pour les Canadiens.
Un récent sondage d’Abacus Data souligne cette préoccupation : 91 % des Canadiens sont préoccupés par l’avenir des soins de santé publics, 63 % décrivent le système de leur province comme étant en crise et 55 % estiment qu’il s’est détérioré au cours des cinq dernières années. Pourtant, les Canadiens n’ont pas renoncé aux soins de santé publics : 80 % estiment que le système peut répondre à leurs besoins si les gouvernements y investissent davantage.
Les résultats mettent en lumière une distinction importante : les Canadiens croient toujours aux soins de santé publics, mais ils sont de plus en plus incertains de pouvoir compter sur eux lorsqu’ils en auront besoin. Des investissements continus dans les soins et services à domicile et dans la communauté, appuyés par une main-d’œuvre stable, sont essentiels pour combler cet écart et veiller à ce que les gens puissent compter sur des soins fiables et financés par les fonds publics à domicile et dans leur communauté.

Participation à la campagne Renforcement des capacités de la main-d’œuvre par province, août 2026.
Lorsque l’instabilité de la main-d’œuvre atteint le domicile
Lorsqu’un permis de travail expire, une organisation de soins à domicile peut perdre un employé formé et expérimenté avec très peu de temps pour le remplacer. Les personnes qui reçoivent des soins peuvent faire face à des visites manquées ou retardées, à des perturbations dans leurs routines et à la perte soudaine d’une personne qui comprend leurs besoins.
Les familles et les proches aidants non rémunérés peuvent alors devoir assumer des responsabilités supplémentaires en matière de soins, ce qui peut entraîner des répercussions importantes, notamment l’absentéisme, l’épuisement professionnel et des conséquences sur la santé des proches aidants.
Pour les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap ou celles ayant des besoins chroniques ou complexes, la continuité des soins peut être essentielle à leur sécurité, à leur autonomie et à leur capacité de demeurer à domicile. Lorsque les soins à domicile ne peuvent pas combler ces écarts, la pression se déplace vers les hôpitaux, les services d’urgence et les soins de longue durée.
Ce que nous disent les travailleurs des soins à domicile
Les travailleurs des soins à domicile racontent qu’ils deviennent des personnes de confiance dans la vie de leurs clients, pour ensuite devoir quitter ces rôles lorsque leur permis expire ou que les voies d’immigration sont retardées.
Shana, une préposée aux services de soutien à la personne qui a partagé son expérience dans le cadre de la campagne, explique :
« Dans les soins à domicile, la constance est importante. Les clients comptent sur des visages familiers et des routines établies, et je m’inquiète également de la façon dont ces perturbations les affectent. Pour le moment, je fais de mon mieux pour rester optimiste, mais l’incertitude est parfois accablante. Je veux vraiment continuer à contribuer au système de santé et à soutenir les personnes qui dépendent des soins à domicile. »
Les soins à domicile reposent sur la confiance, la familiarité et une compréhension approfondie des besoins, des préférences et des routines de chaque personne. Lorsqu’un travailleur expérimenté n’est plus en mesure de fournir des soins, les répercussions vont au-delà d’un simple changement de personnel. Une relation qui a pris des mois ou des années à bâtir peut être brusquement interrompue.
Les travailleurs décrivent également l’incertitude profondément personnelle que ces politiques créent pour eux et leurs familles :
« Nous sommes des aidants. Nous aidons les familles canadiennes chaque jour. Nous ne sommes pas des chiffres. Nous sommes des êtres humains avec des espoirs, des rêves et des enfants qui méritent de la stabilité. »
— Abhirami, travailleuse des soins à domicile
Ensemble, ces expériences révèlent les conséquences humaines des retards en matière d’immigration et des lacunes des politiques. Elles soulèvent également une question urgente : si le Canada perd des travailleurs formés et expérimentés dans le secteur des soins et services à domicile et dans la communauté, qui prendra soin des personnes qui dépendent d’eux?
Lisez d’autres témoignages partagés dans le cadre de la campagne ici.
L’ampleur potentielle est importante. D’ici 2029, environ 7 millions de visites de soins à domicile effectuées par plus de 8 000 travailleurs étrangers temporaires pourraient être à risque en Ontario seulement, ce qui toucherait plus de 30 000 personnes. L’incidence à l’échelle nationale devrait être considérablement plus importante.
Participez : campagne nationale de lettres
La campagne rejoint les décideurs fédéraux. Des lettres ont été acheminées aux bureaux parlementaires partout au pays, à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et au Cabinet du ministre de l’Immigration. Ces efforts ont permis de transmettre directement les expériences des travailleurs, des fournisseurs de soins et des familles aux personnes responsables des politiques fédérales en matière d’immigration.
L’ACSSD travaille à atteindre ses prochains jalons : 2 000 personnes participantes avant la fin de la campagne, le 18 octobre. Chaque nouvelle voix renforce les éléments que l’ACSSD peut présenter dans le cadre des discussions fédérales et démontre l’ampleur des répercussions de ces enjeux sur la main-d’œuvre.
Si vous êtes un travailleur des soins à domicile, une organisation, un proche aidant familial ou non rémunéré, un patient ou une personne qui croit que les Canadiens devraient avoir un accès fiable aux soins à domicile, participez à la campagne de lettres.
Le modèle entièrement modifiable identifie automatiquement votre député local et vous permet d’envoyer, en quelques clics, une lettre personnalisée aux décideurs fédéraux. Vous pouvez l’utiliser pour expliquer comment cet enjeu vous touche, ainsi que votre organisation ou votre communauté.
Ce qui a commencé comme une réponse à un changement de politique montre maintenant – à travers des milliers de lettres et de témoignages personnels – ce que le Canada risque de perdre. La stabilité de la main-d’œuvre est indissociable de l’avenir des soins et services à domicile et dans la communauté.